Dans l’exercice de résolution de cas en FAD, j’ai décidé de
m’attaquer au cas du MOOC (ce que j’ai fait en équipe avec Yan, finalement).
Mon choix était un peu paradoxal. J’ai toujours été plutôt sceptique face aux
MOOCs. Ce scepticisme n’était pas, à l’origine, le résultat d’une analyse
poussée du phénomène. Il était tout d’abord basé sur ma propre expérience :
je me suis inscrit à plusieurs MOOCs sans jamais en compléter un seul. Mon cas
est loin d’être unique. Historiquement, le taux de persévérance dans le MOOC
est très faible (Jordan, 2015).
Pourquoi ?
Dans mon cas, c’était surtout le manque d’intérêt. Pas pour
le sujet, mais surtout pour la présentation. Les vidéos sont souvent trop
longs, trop statiques. Pourquoi ne pas simplement lire ? Je dois d’ailleurs
avouer que j’ai parfois « libéré » du matériel de formation de MOOCs pour
ensuite le consulter à mon aise. J’y trouvais donc d’une certaine façon mon
compte. Comme l’ont soulevé certains auteurs (Koller et Ng, 2013), lorsqu’on parle de persévérance dans les MOOCs,
il faut tenir compte de l’intention de ceux qui s’y inscrivent. Certains le
font par curiosité, d’autres avec la ferme intention de compléter la formation
(il faut se rappeler par contre que l’inscription à un MOOC, c’est comme les
résolutions du Nouvel An. Les meilleures intentions peuvent s’évaporer
rapidement). Le fait que certains « abandonnent » la formation ne veut pas
qu’ils n’en aient pas profité d’une façon ou d’une autre. Si on en croit le modèle
de Moore (Moore, 2013),
le MOOC, très structuré et avec peu de dialogues, est le pinacle de l’autonomie
des étudiants, avec tout ça implique. Ça peut vouloir dire, par exemple, ne pas
se plier aux objectifs de formation stipulés par les créateurs du MOOC (surtout
quand il n’y a pas de certification à la clé). Paradoxalement, une des raisons
les plus citées par les institutions pour développer des MOOCs est de « démocratiser »
l’accès aux savoirs (Hollands et Tirtthali, 2014). La réalité est que la grande
majorité des participants aux MOOCs sont ceux qui en ont probablement le moins
besoin (déjà éduqués et en emploi), mais qui sont en fait le mieux « équipé »
pour en profiter.
Notre magnanime leader nous demandait, pour ce billet,
d’évaluer le potentiel d’un MOOC dans nos disciplines respectives. À la
lumière, de ce que je viens de dire (et en faisant fi de facteurs
incontournables comme les coûts, sans parler du temps et de l’énergie
nécessaire), je répondrais d’abord « Pourquoi pas ? » Mais je demanderais
ensuite « Pourquoi ! ? » Et là, la réponse serait sans doute « Non merci ! »
Hollands,
Fiona M., et Devayani Tirtthali (2014). MOOCs: Expectations and Reality. Full
Report. New York, Center for Benefit-Cost Studies of Education, Teachers College,
Columbia University
Jordan,
Katy. 2015. «MOOC Completion Rates: The Data». En ligne. <http://www.katyjordan.com/MOOCproject.html>.
Consulté le 10 février 2017.
Koller,
Daphne, et Andrew Ng. 2013. «Retention and Intention in Massive Open Online
Courses: In Depth». En ligne. <http://er.educause.edu/articles/2013/6/retention-and-intention-in-massive-open-online-courses-in-depth>.
Consulté le 13 février.
Moore,
Michael G. 2013. Handbook of distance education, 3rd Ed. New York:
Routledge, 1 ressource en ligne (xviii, 729 pages) p. En ligne. <http://www.uqam.eblib.com/EBLWeb/patron/?target=patron&extendedid=P_1114691_0>.
Bonjour,
RépondreSupprimerTo MOOC or not to MOOC me semble dépend fortement de l’intérêt de l’apprenant. Un étudiant en recherche dans un pays ou les cours dont il a besoin ne s’enseigne pas, un employé ayant besoin d’acquérir des notions structurées n’ayant pas le temps d’aller à l’université, le MOOC sera une solution. Même si la majorité des cours sont disponibles sur internet, l’apprenant sera découragé à lire en absence d'interactions. Un MOCC permet de satisfaire son besoin avec le moindre coût et surtout avec le plus de pratique. Le MOOC permet aux apprenants d’explorer un sujet sous la direction d’un formateur. « Les MOOC ont de ce point de vue un rôle fondamental à jouer dans la formation continue, peut-être même davantage que dans la formation initiale. La volonté de transmettre est à mon sens la motivation qui donne la meilleure garantie de succès pour un MOOC, car elle place celui qui apprend au centre du dispositif » (Mathieu, 2013). Toutefois, le grand nombre d’abondant me semble expliqué par le fait que les apprenants préfèrent une structure d’apprentissage traditionnelle, avec un enseignant présent physiquement et verbalement. Par ailleurs, pour réussir un MOOC nous devons revenir et adopté les théories de Garrison et Moore afin de mieux créer une présence à distance une présence dans ses trois dimensions, social, cognitif et enseignante.
Garrison, D. R., Anderson, T. et Archer, W. (2000). Critical Inquiry in a Text-Based Environment: Computer Conferencing in Higher Education. The Internet and Higher Education, 2(2–3), 87-105.
Garrison, D. R. (2016). Community of Inquiry, dans E-Learning in the 21st Century : A Community of Inquiry Framework for Research and Practice.
Moore, M. G. (2013). The Theory of Transactional Distance. Dans M. G. Moore (dir.), Handbook of Distance Education (p. 66-85). New York: Routledge.
Mathieu C. (2013). La révolution MOOC. http://blog.educpros.fr/matthieu-cisel/2013/04/29/pourquoi-faire-des-mooc/
Bonjour Eric, ton billet montre bien la diversité des objectifs pour lesquels on justifie ou pas un MOOC. Tu mentionnes très bien que sur le plan pédagogique et avec la notion de distance transactionnelle de Moore (2013) que l’on peut être particulièrement perplexe face à l’autonomie. Par contre, tirer profit sur le plan des apprentissages reste très varié et l’on en tient rarement compte. La complétion d’un MOOC est un indicateur qui est souvent rapporté, mais comme tu l’as déjà souligné lors d’une rencontre, l’on doit bien mettre en perspective les objectifs des apprenants. Aussi, selon la pluralité des perceptions et des objectifs que l’on a relativement au MOOC, nous remarquons plusieurs paradoxes. Enfin, il y a une certitude concernant l’idée que l’on voit bien qu’il est difficile de trouver un consensus quant à sa justification.
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